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"Pour
commencer il faut de la passion.
Joël a celle du chocolat. Il choisit ses crus soigneusement
parmi les meilleurs. Les précieuses fèves arrivent
parfois tout droit du fin fond de l'Amazonie.
A
cela, ajoutez le talent.
Le sien est intimement lié à son imagination et il
en faut pour inventer des mariages aussi étonnants et délicats
que ses chocolats à la violette ou ceux aux olives noires.
Enfin
et surtout, il faut de la générosité.
Joël en a plein les yeux.
Lorsqu' on le croise dans sa boutique il ne cherche pas à
vendre, mais à expliquer :
pourquoi ?
comment ? en vous faisant goûter tel carré ou tel
autre.
Car pour Joël l'essentiel est de partager, et c'est là
que réside aussi la magie de ses produits.."
Pascale
Gonod
Journaliste gourmande
Paris, décembre 2004
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Mon
cauchemar a commencé le jour où j’ai
rencontré Joël Durand.
Avez-vous déjà essayé de repasser à la confiture
ensucrée de supermarché après avoir ensoleillé vos
petits-déjeuners de « citron-anis » ou d’« abricot-lavande »,
réveillé vos papilles à la « poire-olives des
baux » ? J’ai essayé, c’est impossible, inhumain.
Voilà pourquoi le cauchemar a commencé.
L’addiction, la vraie, la pure.
Le pire sans doute, c’est la boutique. Comme si la gourmandise avait élu
domicile sur le périph’ saint-rémois. A peine entré,
on fait le siège de vos oreilles à coups de « vous
voulez un petit chocolat », vos narines sont débordées
de senteurs envoûtantes et vos yeux pleurent de bonheur devant ce
déluge de plaisirs. Pour couronner le tout, le type est beau gosse
et pas radin sur le taste-came. Avez-vous déjà essayé » de
répondre : « Merci non, je suis juste passé dire bonjour » ?
Oui ? Menteurs que vous êtes….
En fait, le pire, c’est autre chose. Ça se présente
dans une boîte blanche avec des mots et des numéros comme
des papillons imprimés, une petite fenêtre ronde recouverte
de cellophane sur une sorte de chocolat maousse format gourmand professionnel.
Et au 3 boulevard Victor Hugo, ils appellent ça un biscuit. Ah bon.
Autre mot pour qualifier l’expérience papillaire la plus
excitante qui soit. Exit la truffe noire, le homard breton ou le Cairanne,
osez le
biscuit.
Ç
a se présente comme un palet, un gros chocolat épais qui
fait saliver rien qu’à le regarder dans les yeux. Après
les yeux, les narines se mettent au boulot : chocolat noir de qualité (évidemment…)
qui sent l’Afrique ou le Brésil, un arôme puissant qui
vous donne déjà un indice sur le gémissement que vous
allez lâcher à la mise en bouche.
Mais l’ami Durand aime faire plaisir... Dans ce gros chocolat il
a planqué un biscuit – ben oui, il fallait bien que le nom
vienne de quelque part. Mais le biscuit, il est à l’anis ou
au chocolat ou à je ne sais quoi encore d’irrésistiblement
original et bon. Attendez, la visite commence à peine : ce biscuit
est marié à une crème caramel au goût de lavande,
d’olive, de thym, de romarin, je pourrai passer la garrigue en revue, ça
ne vous donnerait qu’un pauvre aperçu de l’immense richesse
de cette collection. Le raffinement passe par les combinaisons gustatives
qui vous laisseront dépendant à jamais. Je n’ose même
pas vous donner la liste des merveilles, le cybersadisme n’est
pas mon fort.
Si j’aime ses biscuits ? Quelle question…
Jean Yves VERDU
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